15.07.2008

Quand yen a pu, yen a encore !

J'ai achevé ce blog au même moment où j'ai achevé mes études à l'ESC Truc. A présent me voilà dans le grand bain, mais ça ne veut pas dire pour autant que je n'ai plus rien à dire !

La suite se trouve à présent sur http://faisleursortirleraisin.hautetfort.com/ dans lequel j'ai déjà collé quelques anciennes notes mais au contenu néanmoins intemporel...

Toujours énervée, toujours pas gentille, les cons ont rarement ma compassion, c'est à ça aussi que ça sert un blog : à se défouler.

 

28.09.2007

Délivrance

Ami lecteur, ça fait longtemps, pourquoi tout ce temps sans écrire? C'est très simple, tout simplement parce que je n'avais plus de vie, plus de vie à cause d'un long stage dans une boite de consulting bien connue. Tout ceci vient de s'achever aujourd'hui et me voilà dans un drôle d'état, à présent je me dis qu'il est temps d'arrêter les frais et de vraiment vivre comme je l'entends. Cette période de non vie m'aura vraiment appris une chose : n'écouter que soi-même et surtout pas ceux qui pensent tellement mieux que vous et qui par leurs recommandations vous envoie là où vous n'avez pas à aller.

Pendant 5 mois mes journées se décomposaient de la sorte, calculons ensemble la distribution des 24h d'une journée :

Bureau pendant 10h en moyenne (avec des pointes pouvant aller jusqu'à 13h), je n'étais jamais chez moi avant 20h (il ne reste donc plus que 14h)

transport : 1h30 (il ne reste donc plus que 12h30)

sommeil 8h (il ne reste donc plus que 4h30)

Ajoutons à cela les conneries nécessaire de la vie : courses, paperasse, lessive

Bref tu remarquera que le temps de cerveau disponible pour faire l'essentiel, c'est à dire vivre était plus que limité. J'ai appris officiellement hier que je n'aurai pas de proposition de poste sous le motif fallacieux que je ne sais pas gérer mon stress. Mais j'avais senti le coup venir de TRES loin, déjà quand ma patronne m'a demandé "l'air de rien" quelle serait ma réaction si je n'avais pas de proposition et que le jour de mon évaluation elle m'a fait cadeau d'elle même de mon après midi, j'ai flairé l'arnaque (elle préparait le terrain) ensuite quand j'ai rendu le matériel informatique qui m'avait été gracieusement prêté, la secrétaire m'a demandé si j'avais "quelque chose pour la suite" et enfin on m'a annoncé la plaisante nouvelle.

Apparement, vu l'attitude de mes collègues après la nouvelle, ils s'attendaient à ce que je fonde en larmes, que je pique une crise, que je les insulte de tous les noms. Mais en fait RIEN. J'ai été égale à moi-même, aimable, j'ai acheté des croissants pour toute l'équipe, pour fêter mon départ. Ce qui les a fait encore plus culpabiliser, il fallait voir à quel point ils ont été tout sucre avec moi aujourd'hui.

En réalité je le voulais ce job? Pas vraiment, j'avais fait le plan dans ma tête que si ils me faisaient une offre j'accepterai et j'aurais profité de ma période d'essai pour chercher un autre job. Mais d'un côté c'est vraiment bien. Pourquoi ? Parce que me connaissant malgré tout, je n'aurais pas cherché d'autre job, je me serais tant bien que mal accrochée pour aboutir à une mise à pied à l'issue de la période d'essai, ce qui m'aurait encore fait plus mal et qui m'aurait encore plus coûter cher. Pourquoi un tel prix ? Parce que durant ces 5 mois, je n'ai jamais été aussi infecte avec mon entourage, je ne me suis jamais autant disputée pour des conneries avec mon compagnon (ça aurait pu me coûter mon couple ces conneries), je n'ai jamais été aussi atone et vide en soirée me faisant passer par la même occasion pour quelqu'un de très peu épanoui et de très triste. Je n'ai jamais autant pleuré de fatigue en cachette dans le métro ou le bus qui m'amenait ou me ramenait de ce maudit travail. Je n'ai jamais ravalé autant de colère en moi qui me serrait la gorge au point de ne plus pouvoir parler. Et à présent ce soir, je me dis qu'il est plus que tant d'arrêter les frais et de vouloir se conformer à ce que la société définit comme modèle de réussite.

Je n'ai pas à m'en vouloir, j'ai donné ce que j'ai pu donner, sans retenue, j'ai bien fait mon travail, je me suis bien intégrée, j'étais aimable, et les clients m'appréciaient. De plus la mission où j'étais devenaient pourrie et complètement délétère pour plusieurs raisons que je n'évoquerais pas ici. Et d'un côté j'en suis sure car je l'ai lu sur leur visage, dans leurs yeux et dans leurs plaintes du jour : ils m'enviaient un peu. Ils enviaient ma nouvelle liberté, les vacances que je vais prendre, et les choix qui sont en train de s'offrir à moi.

Je suis juste un peu vexée qu'ils aient choisit un motif aussi pourri pour ne pas me garder. Parce que du stress, parlons-en. Comment se manifestait il dans mon comportement? Est ce que j'éclatais en sanglot au bureau? Non. Est-ce qu'il m'est déjà arrivée d'insulter un client ou un collègue? Non. Est-ce que je devenais hystérique au point de ne plus pouvoir me contrôler, d'être bloquée dans mon travail? Non. Je restais tout simplement dans mon coin, n'osant déranger personne, me mettant la pression de vouloir encore être meilleure. Ils ont du trouver cela dérangeant et m'on confondu avec une cocotte minute, voilà l'histoire.

Soyons rationnels : ce travail soit-disant "chic" est pourri, quand on ramène le salaire au volume horaire, c'est nul, de plus il dépend de la convention collective la plus pourrie de France. Il est juste bien perçu parce que les boîtes qui l'exercent font énormément de communication pour qu'il paraisse bien. Mais à regarder l'organigramme, j'avais bien vu que le turnover était important (d'ailleurs mon ancienne patronne démissionne) et que le nombre d'employés en congé sabbatique était proportionnellement énorme par rapport à beaucoup d'autres boîtes. De plus (et cela m'a été dit de la bouche de consultants en personne) quand on passe une partie de sa carrière à faire ça, et que, bien vidé de toute vie et substance, on cherche à se reconvertir c'est très difficile, car c'est un travail qui certes balaie beaucoup de problématiques mais ne qualifie en rien et rend les gens très peu opérationnels (je parle ici pour les cabinets généralistes bien connus, pas pour les petits cabinets hyper spécialisés).

Je suis juste vexée, et un peu touchée dans mon égo (et ils auraient pu me donner une prime aussi les chacals!), mais ça va passer. Je suis même sûre que dans un premier temps je vais leur manquer un peu, parce que je leur facilitais la tâche quand en étant toujours aimable, je me tapais le boulot qu'ils ne voulaient pas faire. Le junior n'aura plus personne à commander, il redeviendra ce qu'il est : quelqu'un au pied de la hiérarchie. Ils n'auront plus personne pour organiser leurs réunions, répondre à leur place au téléphone, ou leur faciliter la vie parce qu'elle savait gérer les ressources pratiques (documents, informations, papiers, numéros de téléphone, calendrier etc). Je fais partie des 50% de non retenus à la suite du stage après avoir fait parti des 30 ou 50% retenus à la suite de leur "assessment center" (entendez par là les épreuves de test d'entrée, et dieu sait qu'il y en a). D'ailleurs je connais des gens très biens qui l'ont planté cet "assessment center". C'est con parce que si l'on prend le problème à l'envers, avec ces méthodes ils se font beaucoup de tort, ils perdent pas mal de choses à évaluer les gens tous les ans sur des critères très anglo-saxons au lieu d'apprendre à les connaître.

C'est pas grave, c'est même une bonne chose pour moi et la concurrence qui sera ravie de profiter d'une jeune diplômée qui a été formée aux frais des autres. Il y a plein de manières de trouver un travail, et la chance en fait partie. Je vais à nouveau vivre comme j'avais oublié de le faire, je vais écrire à nouveau, lire à nouveau, écouter de la musique à nouveau, me détendre à nouveau et pourquoi pas reprendre le théâtre ou prendre des cours de chant tient? C'est fou tout ce que j'avais pu laisser après moi... C'est à pleurer...mais des larmes de joie.

07.05.2007

24 heures dans la vie d'un boulet

Il est de ces êtres gentils, innocents, toujours d’accord avec les autres et qui pensent que la guerre c’est mal, que la paix c’est beau et que vive le Nutella. On a sans doute tous nos moments de faiblesse et des tendances boulets mais alors très ponctuellement. Ici, dans le cas que je vais exposer, il s’agit de personnes qui sont de la sorte 24/24h, 7/7 jours et cela sans jouer un rôle ni même se forcer. Ils sont comme des hamsters, petits, insignifiants, avec un air naïf, réveillant vos pulsions sadiques. Ces élus des dieux sont rares (bien que pas en voie de disparition) aussi quand vous en choppez un ne le laissez pas partir, ces spécimens sont intéressants à observer (seulement), fous rires en solo et mordage de joue garantis.

 

9h Bouleto se lève car il a cours de gestion de troupes de bisounours à 9h45, il éteints son réveil fantaisie (en forme de nounours ou de guitare de rock qui flatte son coté rebelle)

9h05 Bouleto enlève son tee-shirt informe qui lui sert de pyjama pour un tee-shirt informe qui lui sert de vêtement, le tout qu’il assorti avec un baggy informe qui achèvera de la transformer en sac à patate ambulant.

9h10 Bouleto prends son petit déjeuner, comme il est encore jeune et naïf il ne boit pas de café mais de l’Oasis et mange des pépitos ou des biscottes Nutella.

9h20 Bouleto se fait une beauté et comme il est réceptif aux messages de la pub et qu’il n’a aucun sens du bon goût il met beaucoup (trop) de « Axe plus t’en met, plus t’en as » mais depuis le temps qu’il le fait que ça n’a jamais donné aucun résultat, il aurait du comprendre que cette pub c’est du pipeau. (Mais bon s’il avait un sens du goût en voyant sa tête il serait déjà tombé en dépression nerveuse profonde)

9h 30 Bouleto se met en route pour aller en cours en traînant son sac contenant sa vie (c'est-à-dire pas grand-chose)

9h 40 Bouleto croise des gens dans l’école et les salue, eux ne le saluent pas, Bouleto pense « c’est pas grave, ils ne doivent pas être bien réveillés »

9h45 début des cours, Bouleto s’assoie à une table à côté de la seule personne qui veuille bien de lui (normal soit elle ne parle pas français soit elle est endormie)

10h15 Bouleto s’emmerde en cours, pour passer le temps il aimerait bien chatter sur msn mais personne de sa liste (essentiellement des membres de sa nombreuse famille) n’est connecté.

11h15 la pause enfin, Bouleto va se dégourdir les papattes, il en profite pour passer dans les « assoces » de l’école où officient ses « potes », même réaction de leur part que celle de ce matin. Seul un vrai type aussi naïf que lui ou très hypocrite le salue à son tour. Les filles naturellement polies lui répondent aussi mais de loin car il dégage une odeur bizarre. Il prête de l’argent (qu’il ne reverra jamais) aux gens pour qu’ils puissent se payer des cafés, personnes qui le remercient du bout des lèvres.

11h30 reprise des cours, toujours personne de connecté

13h super c’est la pause de midi, Bouleto va s’acheter un sandwich à la cafète, il y a encore au moins un parasite pour lui taxer des euros. Bouleto est content que des personnes en difficulté s’adressent à lui, c’est bien là une preuve de confiance et même d’amitié.

13h10 Bouleto mange seul son sandwich devant son ordi, il consulte ses mail : rien, ah si deux spam évoquant des « hot sexy biches » mais n’étant pas très bon en anglais Bouleto pense que c’est pour une agence de voyage organisant des séjours à la mer.

14h pas de cours cet aprèm, super, Bouleto va pouvoir mettre son cerveau au repos (comme 99% du temps) et se détendre un peu. Pour cela il décide de squatter les locaux de l’assoce de jeux en tout genre, l’assoce en question étant tellement peu fréquentée qu’elle ne peut pas refuser un visiteur aussi malodorant soit il. Il propose aux gens de jouer aux dames contre lui (oui il est resté au stade des dames, remarquez il aurait pu proposer de jouer aux cartes à la bataille), dans l’après midi il joue 4 partie en perds 3, il en gagne une parce que le joueur n’était pas encore remis de sa gueule de bois et de sa blennorragie contactée  à la soirée « chauffeput’ » de la veille.

18h Bouleto rentre en coup de vent chez lui, car ce soir il y a la « ladies en chaleur nighteuh », va y avoir des filles ! Peut-être y trouvera t il la femme de sa vie, celle qui aura aussi le coup de foudre pour sa pauvre gueule et qui acceptera de l’épouser 3 mois après leur rencontre. Pour cela il faut assurer grave, comment ? En étant beau pardi ! Bouleto troque donc son tee-shirt informe de jour (taille L alors qu’il est épais comme une biscotte) contre un tee-shirt informe de nuit à la mode avec des impressions dorées dessus. Ce genre de tee-shirt plutôt moulant est sensé mettre en avant avec un certain goût du décalage les muscles virils d’un jeune éphèbe. Ici ça n’est bien évidemment pas le cas et on remercie la providence de faire croire à Bouleto que sa taille c’est le L (sinon je vous laisse imaginer les dégâts). Il met un baggy informe propre dont la couleur n’est pas assortie à celle du tee-shirt. Il se remet une bonne couche de axe et se rase le duvet qui lui sert de barbe. Ce soir c’est sur, il va la trouver ! Il avale vite fait un cheeseburger surgelé avec des batonnets de surimi (pour l’énergie) et se rends à la place où stationnent les navettes qui mènent à la fameuse soirée.

20h30 on finit par le prendre dans une navette pour boucher les combles mais auparavant il a du montrer sa carte d’étudiant pour bien prouver qu’il était majeur et de l’école. Une fois de plus quelqu’un a pensé « la discrimination positive quelle belle merde ! ».

21h la boîte est archi pleine de nanas qui se sont bourrée la gueule pour bien se prouver qu’elles étaient des super rebelles, et comme les copines ont fait pareil pourquoi s’en priver ? Il y a de la chair fraîche luisante de transpiration et moulée dans des petits tops de chez Zara partout. Bouleto est excité sans le savoir par tant de phéromones actives, il se rends au bar et commande un coca qu’il précise « sans whiskey », le barman croit à une blague, en s’approchant de lui dans la pénombre et voyant de plus près sa tête, il comprends mieux.

22h Bouleto boit seul son coca au bar, il se dit « les filles sont vraiment très très jolies ce soir », une vague connaissance flairant le pigeon idéal s’approche de lui, le salue, lance « ya de la chaudasse ce soir, j’en ai le slip tout tendu », sympathise avec lui, réussi à lui taxer ses tickets « conso alcool » car Bouleto « ne boit pas » et… se barre.

22h30 Bouleto fait démonstration de son art sur la piste de danse. Art qui consiste en un sautillement ridicule unique qu’il pense maîtriser à la perfection. Plusieurs filles s’écartent de lui. Bouleto enchaîne les tubes avec ce même pas de danse, certaines filles restent auprès de lui parce qu’elles ont compris qu’avec lui elles ne risquent rien (ni main baladeuse, ni paroles, lourdingue, ni conversation intéressante non plus).

Minuit entre deux coca Bouleto se rend aux toilettes, là il tombe sur une fille malade qui vomi ses tripes. Il ne peut s’empêcher de jouer les bons samaritains, il tient les cheveux de la fille et lui masse les épaules pendant qu’elle rend tout. « C’est vraiment pas facile d’être une femme de nos jours, je vous comprends ». Parce qu’elle a honte et qu’elle pense très fort (« mais c’est qui ce nain ? ») Elle lui baratine qu’en fait elle est malade et qu’elle ne s’est pas bourrée la gueule parce que son mec « Bryan-le-queutard » s’est cassé avec « Cynthia-la-pompeuse ». Comme c’est un garçon empathique il reste lui tenir compagnie (et la tête au dessus de la cuvette couleur vin rouge et vodka pomme) toute la nuit. Elle est en situation de faiblesse et dans un état lamentable avec son mascara qui coule et sa robe pleine de tâches, elle préfèrerai être seule pour planquer son état mais elle se sent trop malade pour dire à l’autre de se casser. En tout cas demain, elle fera mine de ne pas le reconnaître dans les couloirs de l’école et s’il vient lui parler elle s’excusera auprès de lui avec un « désolé je ne me rappelle plus de rien, l’alcool tout ça. Allez bonne journée… ».

5 heures du mat’ Bouleto raccompagne la fille chez elle ( à l’opposé de là où il vit), elle ne le fera  pas monter chez elle, ni même lui accordera une bise. « Bon ben salut ».

6h  Bouleto se couche

Midi Bouleto se réveille, il consulte ses messages sur son portable pour savoir si elle a appelé

Midi cinq non elle n’a pas appelé

 

Et c’est ce quotidien passionnant que les Bouleto vivent tous les jours. Je les envie…